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Microfinance

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microfinance-pic  Les experts de la Banque : 
Elizabeth Littlefield

APERÇU:

  • Aujourd’hui, la grande majorité des habitants des pays en développement n’ont pas accès à des services financiers formels. Même dans les pays qui se sont développés de manière considérable au cours des dix ou vingt dernières années, la proportion de personnes ayant accès à de tels services demeure très faible : moins de 20?% au Kenya et au Nicaragua, environ une personne sur trois en Argentine et au Bangladesh et approximativement 50 % au Brésil et en Afrique du Sud.   

  • L’accès aux services financiers peut être un premier pas pour briser le cycle de la pauvreté. Toutefois, il ne faut pas que les services proposés se limitent au microcrédit. Divers types de services financiers tels que les services de dépôt, de transferts de fonds, ainsi que les crédits et les assurances, sont des outils essentiels pour gérer le bien-être et la capacité productive des familles pauvres. Ils permettent à ces dernières d’amortir leurs dépenses lorsque leurs revenus deviennent irréguliers (travail occasionnel, saisonnalité des récoltes), d’accroître leur pouvoir d’achat lorsque leurs dépenses sont importantes (frais scolaires, achats de semences) et de se prémunir contre les urgences (catastrophes naturelles, décès dans la famille).

  • Par le passé, les efforts de la Banque mondiale portaient uniquement sur une offre de prêts pouvant être utilisés comme fonds de roulement par les pauvres. Aujourd’hui, nous nous engageons à offrir un vaste éventail de services financiers qui peuvent permettre aux personnes pauvres de mieux gérer leurs finances.

  • La microfinance est aujourd’hui destinée à créer des marchés financiers locaux complets, qui satisfont les divers besoins en matière de services financiers des pauvres.

  • Ce secteur évolue rapidement, et de nombreux investisseurs et fournisseurs de services financiers font leur apparition. Les nouvelles technologies promettent de réduire les coûts de transactions et d’améliorer l’accès aux services financiers pour des centaines de millions de personnes. La clé de l’exploitation de ce potentiel réside dans le développement de systèmes de contrôle, qui permettraient, par exemple, d’utiliser les téléphones portables comme des agences bancaires.

  • Le Groupe de la Banque mondiale a pour objectif ambitieux de rendre l’accès universel aux services financiers universel. Ainsi, pour promouvoir le secteur de la microfinance, les différentes institutions de la Banque jouent des rôles stratégiques complémentaires : investisseur conseiller, innovateur et chercheur.

    • La Société financière internationale (IFC) est le premier investisseur en microfinance du Groupe de la Banque mondiale. Au cours des deux dernières années, elle a doublé son investissement en microfinance commerciale. Jusqu’à l’exercice 2007, l’IFC avait investi plus de 600 millions de dollars (196 millions de dollars au cours de l’exercice 2007), et son portefeuille de microfinance était de 498 millions de dollars. L’IFC s’est engagée à doubler une fois de plus ses investissements dans la microfinance qui devraient atteindre 1,2 milliard de dollars d’ici l’exercice 2010, ce qui fera de l’IFC le plus important investisseur dans le secteur de la microfinance. Les investissements de l’IFC ont permis de financer 7 millions de prêts totalisant 8,2 milliards de dollars au cours de l’exercice 2006 ; 65 % de ces prêts ont été accordés à des femmes. À l’heure actuelle, 15 % des investissements de l’IFC dans le domaine de la microfinance vont aux pays les plus pauvres (bénéficiaires de l’IDA) et bon nombre d’entre eux sont des pays qui sortent de conflits (comme la République démocratique du Congo, le Libéria, le Kosovo, la Sierra Leone et l’Afghanistan).
    • La Banque mondiale (BIRD/IDA) offre des services de financement sous forme de lignes de crédit aux gouvernements, un soutien financier plus vaste pour permettre le développement des marchés et des conseils techniques relatifs aux politiques. Au cours des trois dernières années, les prêts de la BIRD/IDA visant à soutenir la microfinance se sont élevés à plus de 264 millions de dollars par année (soit 1,1 % de tous les prêts consentis par la BIRD/IDA). Il est parfois difficile de faire la différence entre les prêts qui bénéficieront au final aux microenterprises et ceux dont tirent avantage les petites et moyennes entreprises. Les prêts accordés aux microentreprises et aux petites et moyennes entreprises se sont élevés à plus de 560 millions de dollars par année (soit 2,4 % des prêts consentis par la BIRD/IDA).
    • Le Groupe consultatif d’aide aux populations les plus pauvres (CGAP) a été fondé par la Banque mondiale en 1995 à titre de partenariat multidonateurs pour promouvoir la microfinance. Aujourd’hui, le CGAP est reconnu comme l’une des principales ressources du secteur. Il travaille de concert avec les parties intéressées pour établir des normes et identifier les pratiques exemplaires, il conseille les gouvernements sur la formulation de politiques qui tiennent compte des besoins des pauvres à l’échelle locale et il offre des conseils techniques aux institutions financières. Depuis sa création en 1995, le CGAP a investi 99 millions de dollars en subventions et assistance technique en lien avec la microfinance.

  • Cibler des clients vivant en-dessous du seuil de pauvreté est l’un des principaux défis de la microfinance, et la Banque mondiale travaille à relever ce défi. Par exemple, si nous avons mis au point de nouveaux produits financiers, conseillé les gouvernements sur la meilleure manière de réduire les coûts des transferts de fonds et d’accroître l’impact de ces transferts sur le développement, et si nous avons adopté de nouvelles méthodes de prestations, c’est dans le but de réduire les coûts des services financiers de manière à toucher les clients les plus pauvres et les plus isolés. Les lignes directrices sur la protection des consommateurs que développent actuellement l’IFC et le CGAP visent à garantir que les clients analphabètes et vulnérables soient bien informés et protégés.


Vue d’ensemble

Traditionnellement, la microfinance s’est limitée à l’octroi de prêts très modiques (microcrédit) aux pauvres pour les aider à se lancer dans des activités productives. Cependant, une gamme beaucoup plus vaste de services financiers (services de dépôt, de transferts de fonds et microassurance) peuvent aider les pauvres à acquérir des actifs, à accroître leurs revenus et à réduire leur vulnérabilité à toutes sortes de risques. La microfinance permet aux pauvres de gérer leurs finances et de planifier leur avenir.

Dans la plupart des pays en développement, moins de la moitié de la population détient un compte bancaire dans une institution financière formelle, et dans bon nombre de pays, ce chiffre passe à un ménage sur cinq. Même dans les pays qui se sont développés de manière considérable au cours des dix ou vingt dernières années, la proportion de personnes ayant accès à de tels services demeure très faible : 20 % en Afrique subsaharienne ; 25 % en Afrique de l’Est ; 30 % en Europe et en Asie centrale ; 35 % en Amérique latine ; 32 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ; et 25 % en Asie du Sud. Même si une grande variété d’institutions offrent désormais des services de microfinance, notamment des banques d’État, des banques agricoles, des banques postales, des banques d’épargne et d’autres entités telles que des coopératives d’épargne et de prêts, la grande majorité des personnes vivant dans les pays en développement n’ont pas accès à des services financiers formels. En moyenne, seulement 26 % de la population mondiale a accès à des services financiers formels.


II. LE RÔLE DE LA BANQUE MONDIALE DANS LA MICROFINANCE

Le Groupe de la Banque mondiale a pour objectif ambitieux de rendre l’accès aux services financiers universel. Ainsi, pour promouvoir le secteur de la microfinance, les différentes institutions de la Banque jouent des rôles stratégiques complémentaires : investisseur conseiller, innovateur et chercheur.

Société financière internationale

La Société financière internationale (IFC) est le premier investisseur en microfinance du Groupe de la Banque mondiale. Au cours des deux dernières années, elle a doublé son investissement en microfinance commerciale. Jusqu’à l’exercice 2007, l’IFC avait investi plus de 600 millions de dollars (196 millions de dollars au cours de l’exercice 2007), et son portefeuille de microfinance était de 498 millions de dollars. L’IFC s’est engagée à doubler une fois de plus ses investissements dans la microfinance qui devraient atteindre 1,2 milliard de dollars d’ici l’exercice 2010, ce qui fera de l’IFC le plus important investisseur dans le secteur de la microfinance. Les investissements de l’IFC ont permis de financer 7 millions de prêts totalisant 8,2 milliards de dollars au cours de l’exercice 2006 ; 65 % de ces prêts ont été accordés à des femmes. À l’heure actuelle, 15 % des investissements de l’IFC dans le domaine de la microfinance vont aux pays les plus pauvres (bénéficiaires de l’IDA) et bon nombre d’entre eux sont des pays qui sortent de conflits (comme la République démocratique du Congo, le Libéria, le Kosovo, la Sierra Leone et l’Afghanistan).

Exemples de projets

  • Prêt en monnaie locale en Colombie : en 2006, l’IFC a innové avec l’octroi de son premier prêt en monnaie locale en Colombie. Ce prêt de cinq ans d’un montant de 20,7 milliards de pesos colombiens (environ 9 millions de dollars) a été octroyé à la Fundación WWB Colombia à Cali. WWB Cali offre ses services à plus de 110 000 microentrepreneurs.

  • Transformation d’une ONG au Cambodge : ACLEDA Bank Plc, une organisation initialement non gouvernementale spécialisée dans le développement rural, est devenue une banque commerciale offrant ses services à 181 000 personnes au Cambodge, dont plus des deux tiers sont des femmes. Les services de conseil de l’IFC ont commencé par aider l’ACLEDA à accéder au statut d’institution financière commerciale agréée. L’IFC a également prêté à l’ACLEDA la somme totale de 11 millions de dollars à reprêter aux microentreprises ainsi qu’aux petites et moyennes entreprises. Aujourd’hui, l’ACLEDA est l’une des plus grandes banques du Cambodge, et la seule à cibler les entrepreneurs les plus pauvres.


BIRD/IDA
La BIRD et l’IDA accordent des financements par le biais de lignes de crédit, d’une structure de prêts plus large pour la microfinance et le développement du marché des petites et moyennes entreprises, et de conseils techniques. Au cours des trois dernières années, les prêts de la BIRD/IDA visant à soutenir la microfinance se sont élevés à plus de 250 millions de dollars par année (soit 1 % de tous les prêts consentis par la BIRD/IDA). Il est parfois difficile de faire la différence entre les prêts qui bénéficieront au final aux microenterprises et ceux dont tirent avantage les petites et moyennes entreprises. Les prêts accordés aux microentreprises et aux petites et moyennes entreprises se sont élevés à plus de 560 millions de dollars par année (soit 2,4 % des prêts consentis par la BIRD/IDA).

Exemples de projets

  • Mécanisme de microfinance et de soutien en Afghanistan (MISFA). Le MISFA a été établi à la fin 2003 par la Banque mondiale et le CGAP, avec le soutien du gouvernement, pour créer un secteur de la microfinance autosuffisant et prospère en Afghanistan. Depuis sa création, le MISFA a fondé et soutenu 15 institutions de microfinance, qui offrent déjà leurs services à plus de 420 000 clients actifs (dont 70 % sont des femmes) par le biais de plus de 260 succursales. Il vise à atteindre un million de clients d’ici quelques années. Le MISFA est en train d’atteindre ses trois objectifs : une portée vaste, la suffisance financière du secteur et le transfert à des gestionnaires locaux. Le MISFA a établi un plan clair pour parvenir à rendre ce secteur financièrement autosuffisant : cinq des institutions sont déjà indépendantes et la plupart des autres n’auront plus besoin de subventions d’ici quelques années.

  • Dans la province de l’Andhra Pradesh, en Inde, grâce au soutien d’un projet de l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque, le nombre de ménages pauvres ayant accès à des prêts à augmenté, passant de moins de 500 000 en 2000 à plus de six millions six ans après. Près de 8 millions de femmes pauvres en zones rurales ont été regroupées pour former 630 000 groupes d’entraide et 30 000 organisations villageoises. Les groupes gèrent en commun leurs économies et fournissent des petits prêts à la consommation à leurs membres. Grâce à ce projet, le revenu de près de 90 % des ménages a augmenté. L’épargne cumulée des ménages pauvres a atteint 292 millions de dollars en 2006. Plus de 3,3 millions de familles pauvres vivant en zones rurales sont désormais couvertes par une assurance en cas de décès ou d’invalidité.

  • Un autre projet pilote soutenu par la Banque/IDA qui a vu le jour en 2002 au Bangladesh a permis d’offrir des micro-crédits et des formations à 60 000 familles démunies. Le succès récolté par ce projet a encouragé le gouvernement du Bangladesh à étendre le projet à tout le pays, offrant ainsi des crédits à près de 450 000 personnes les plus pauvres. Au moins la moitié des premiers bénéficiaires du projet ont fait état d’une amélioration de leurs revenus et de leur consommation.

CGAP : le Groupe consultatif d’aide aux populations les plus pauvres

Le Groupe consultatif d’aide aux populations les plus pauvres (CGAP) a été fondé par la Banque mondiale en 1995 à titre de partenariat multidonateurs pour promouvoir la microfinance. Aujourd’hui, le CGAP est reconnu comme l’une des principales ressources du secteur. Il travaille de concert avec les parties intéressées pour établir des normes et identifier les pratiques exemplaires, il conseille les gouvernements sur la formulation de politiques qui tiennent compte des besoins des pauvres à l’échelle locale et il offre des conseils techniques aux institutions financières. En collaboration avec un réseau de partenaires mondiaux, le CGAP met au point des solutions novatrices pour aider la microfinance à répondre plus efficacement aux besoins des personnes pauvres. Le CGAP offre des informations essentielles sur le secteur ainsi que sur les recherches dans ce domaine par le biais de diverses publications gratuites et de sites Web.

Exemples de projets

  • Les nouvelles technologies réduisent les coûts et améliorent l’efficacité des prestations de services. De nombreuses grandes institutions et banques de microfinance offrant leurs services aux pauvres s’appuient actuellement sur la technologie, et mettent à disposition des guichets de retrait bancaires, des cartes de crédit et des services bancaires par téléphone portable, ce qui permet à leurs clients d’effectuer des paiements, des transferts et des retraits d’argent en dehors des agences bancaires. Avec plus de 3,3 milliards de téléphones mobiles dans le monde et davantage d’utilisateurs dans le monde en développement qu’en Occident, ces nouvelles technologies offrent le potentiel d’offrir des services financiers abordables à davantage de personnes . Avec le soutien de la fondation Bill et Melinda Gates, le CGAP travaille avec des partenaires en Colombie, en Équateur, en Inde, au Kenya, aux Maldives, en Mongolie, au Pakistan, aux Philippines et en Afrique du Sud à la mise au point de nouveaux canaux de distribution tirant parti des nouvelles technologies pour mieux desservir les régions rurales et éloignées et les familles très pauvres. Nous offrons également des services de recherche et de conseil sur les enjeux soulevés par ces nouvelles technologies et sur les potentielles réponses à ces enjeux sur le plan réglementaire et politique. Nous avons à ce jour des engagements dans neuf pays en développement. Plus de 200 banques, institutions de microfinance et fournisseurs de technologies se sont inscrits au Programme du CGAP consacré aux technologies pour obtenir des conseils et des fonds afin de déployer des technologies et des nouveaux modèles commerciaux permettant d’atteindre des clients qu’il est impossible de toucher aujourd’hui.

  • Desservir les plus pauvres. Les services de microfinance n’atteignent généralement pas les personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour. Il faut davantage d’efforts et de subventions continues pour que les institutions financières puissent mieux toucher les personnes les plus pauvres, notamment celles qui sont sans abri, sans revenu et sans nourriture. Le CGAP a également lancé des programmes pilotes en Inde, à Haïti et au Pakistan qui sont basés sur le programme BRAC ciblant les plus pauvres. Ce programme cible les clients les plus démunis en offrant une combinaison soigneusement choisie de subventions de subsistance et de services de microfinance où l’épargne joue un rôle essentiel pour les aider à se sortir de la pauvreté et à s’assurer des moyens d’existence durables. Chaque projet pilote est accompagné d’une étude d’impact rigoureuse.

Mesurer les niveaux de pauvreté et l’impact de ces projets. La mise en place d’outils de mesure de la pauvreté peut encourager et même aider les institutions de microfinance à desservir les personnes les plus pauvres. Dans cette optique, le CGAP travaille en collaboration avec les fondations Grameen et Ford à la mise au point d’un indice de la progression de la pauvreté, un indicateur simple que les institutions de microfinance peuvent utiliser pour mesurer le niveau de pauvreté de leur clientèle.

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Mis à jour en avril 2008

Contact médias:  
Jeanette Thomas: (202) 473-8869; Courriel: jthomas1@worldbank.org




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